Après la traversée du Fjord par le grand tunnel qui évite Oslo et qui n'en finit pas, on s'arrête déjeuner à Ersvik : bonne pioche ce petit port de pêche. Le chef est une lapone ou une esquimaude au regard doux et qui vient à la fin du repas chercher l'acquiescement d'un sourire timide. Crabe et petits légumes crus émincés finement, sauce mayo aigre douce, des herbes exactement ce dont je rêvais, Éric a commandé 2 cakes fish aux harengs fumés et légumes deux repas pour le prix d'un (infecte) en Provence... Y a pas photo.

En payant Éric achète pour le soir un beau morceau de saumon fumé, coupé en fines tranches accompagné par les pommes de terres suédoises et de la bonne crème bio allemande nous mangeons scandinave, dans notre camion avant se garer a deux pas de la route nationale dans un camping gratuit. Super s'il n'y a avait eu ce groupe d'anglais jetant leurs canettes dans les buissons. Les allemands dans leur caravane c'est pas beaucoup mieux : bien propre sur eux il font très attention de ne pas salir l'intérieur : petit tapis, chaussons etc ... mais ils jettent leur eau sale devant leur porte comme s'il y avait un tout à l'égout. rep_28.jpg La Norvège c'est un pays pour les papous, les filles sont blondes, jolies et non pas l'air farouches... Mais je veille au grain... Ceci dit les mâles ne sont pas mal non plus, Éric semble tout petit à côté d'eux, des grands gaillards mi-cowboys mi-bûcherons canadiens en campagne et de temps en temps dans de belles voitures on aperçoit de beau couples d'un certain âge chics et cheveux gris, racés et élégants. Plus on se dirige vers le centre de la Norvège, plus les stations services deviennent des mini super marchés tenus par des jeunes filles charmantes qui servent des sandwichs chauds aux saucisses grillées, distributeur de coca, vente de chips et autres cochonneries délicieuses.

La vie est un peu plus chère qu'en France, mais quel accueil, quelle beauté, quel charme. On est parfaitement biens et calmes. Éric travaille sur son ordi et moi j'écris sur le mien. Le camping se vide le matin et se remplit en fin de journée. Chacun choisit la place qui lui convient, se branche l'électricité et seulement en partant passe à la caisse et décrit son emplacement pour tente, caravane ou camping-car, le nombre d'adultes et le branchement. Et s'il n'y a personne à la guérite à l'entrée on va chercher la gardienne ou le gardien à la maison rouge derrière la maison blanche. Ici pas d'adresse, c'est la couleur de la maison et son emplacement : derrière la station service, à gauche de l'église, devant la grande maison marron... Chaque maison comporte un jardin, un pelouse verte, flamboyante de vert jaune, des gros cailloux tombés de la montagne et une grande variété de fleurs: de minuscules pensées sauvages à d'énormes fleurs sauvages roses, prunes, blanches ou jaunes, des framboises sauvages, des arbres fruitiers (comme le long des parkings) et tous les sortes d'arbres européens à peine taillés, justes nettoyés et débarrassés de leurs branches mortes. Le tout semble ni apprêté ni sophistiqué.... c'est tout simplement parfait, idéal. On a envie de chaque petite ou grande maison avec leurs baies vitrées sans volet, garnies de sculptures blanches ou de style africain, de plantes vertes, de rideaux rococos. Quelques unes ont des balcons garnis de pots de fleurs, certain